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Etudes sur JESUS-CHRIST
Etude I: Le Nom Jésus
Jésus ( S., F., J., T.) (lat., tiré du gr. Iêsous, provenant de l'hébr. yechoua' , qui est une forme tardive de yehochoua' , c.-à-d. Josué): l'Eternel est salut.
-1. Le nom de notre Seigneur. V. Jésus-Christ.
-2. Ancêtre de Christ; il vécut env. 400 ans après David. #Lu 3.29 D. suit un texte gr. diff. et met José.
-3. Dans les Apocryphes des LXX, ce nom apparaît plusieurs fois . L'auteur de l'Ecclq. s'appelait ainsi.
-4. Chrét. d'origine juive; on l'appelait aussi Justus; il collabora avec Paul. #Col 4.11 -Outre ses références à Josué (v. ce mot) et à Christ, l'historien Josèphe mentionne 12 personnes portant le nom de Jésus, qui était courant
Partie I: Jésus-Christ (1)
Jésus-Christ (1) ( S., F., J., T.). Notre Seigneur fut appelé Jésus, selon les instructions que l'ange transmit à Joseph #Mt 1.21 et Marie #Lu 1.31 Donné à des enfants quelconques, ce nom pouvait exprimer la foi des parents en Dieu, Sauveur de son peuple, ou aussi leur certitude du salut futur d'Israël. Décerné à l'enfant de Marie, le nom devait révéler les fonctions particulières que remplirait celui qui le portait. "Tu lui donneras le nom de Jésus; car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés". #Mt 1.21 Le titre de Christ vient du gr. Christos (oint) trad. de l'aram. mechiHa' , de l'hébr. machiaH (oint, Messie). Jésus était donc le nom personnel de notre Seigneur, et Christ était son titre. Mais ce second nom s'employa de bonne heure comme nom propre également, soit seul, soit avec le nom de Jésus, de même que nous le faisons maintenant.
Nous nous proposons d'esquisser les étapes de la vie terrestre de notre Seigneur, pour en présenter les principaux événements dans l'ordre prob. et selon leurs rapports mutuels. -Chronologie. -Si l'on ne peut pas préciser absolument les dates de la naissance, du baptême, et de la mort de Jésus, la plupart des savants s'accordent maintenant à les délimiter strictement. Notre calendrier ordinaire a pour auteur Denys le Petit, abbé romain qui mourut avant 550 ap. J.-C. Il choisit l'année de l'incarnation comme point de repère permettant de situer les dates antérieures et postérieures à la venue du Christ; ayant assimilé l'année 754 de Rome à la date de sa naissance, il put ainsi déterminer l'an 1 de l'ère chrét. Mais les déclarations de Josèphe révèlent qu'Hérode le Grand, qui décéda peu après la naissance de Jésus #Mt 2.19-22 mourut en réalité quelques années avant l'an 754 de Rome. Hérode décéda 37 ans après avoir été proclamé roi par les Romains, proclamation qui eut lieu en 714 de Rome. La date de sa mort est donc 751, ou 750 (nous ne savons pas si Josèphe a, ou n'a pas compté les fractions d'années pour des années entières). La date de 750 paraît plaus., car Josèphe rapporte que, peu avant son décès, Hérode fit mettre à mort 2 rabbins juifs et qu'une éclipse de lune se produisit la nuit de leur exécution.
Les calculs astronomiques prouvent qu'en 750 il y eut une éclipse partielle de lune, la nuit du 12 au 13 mars: or, en 751, aucune éclipse ne survint. Josèphe dit aussi qu'Hérode mourut peu avant la Pâque, laquelle commença le 12 avril 750. Situer le décès d'Hérode vers le 1er avril de l'année 750 de Rome, autrement dit de l'an 4 av. J.-C., c'est donc assigner à cette date une base solide. Les événements rapportés dans les Evangiles entre la naissance de Jésus et la mort d'Hérode, doivent se placer avant cette date, et se répartissent prob. sur 2 ou 3 mois. Il faut donc mettre la naissance de Christ à la fin de l'an 5 av. J.-C. ou au commencement de l'an 4.
La célébration de Noël le 25 décembre n'apparaît qu'au IVe s. et il n'y a pas moyen de démontrer que cette date est exacte. On peut cep. l'admettre comme approximativement juste, et fixer la naissance de Christ vers le 25 décembre de l'an 5 av. J.-C. Cette fête se situe ainsi 5 ans plus tôt que dans le calendrier de Dionysius, qui l'a placée au 25 décembre de l'an 1 de l'ère chrét. -La date à laquelle notre Seigneur commença son ministère public se détermine surtout d'après Lc. 3.23: "Jésus avait env. 30 ans lorsqu'il commença son ministère." Si Jésus est né le 25 décembre de l'an 5 av. J.-C., il avait 30 ans le 25 décembre de l'an 26 ap. J.-C. et son baptême a pu avoir lieu au début de l'an 27. Dans une certaine mesure, les Juifs ont aussi confirmé cette date en déclarant #Joh 2.20 peu après le baptême de Jésus: "Il a fallu 46 ans pour bâtir ce Temple." Hérode commença à reconstruire le Temple entre 20 et 19 av. J.-C., nous en avons la preuve.
En présumant que les 46 ans étaient déjà écoulés lorsque les Juifs firent cette remarque, nous arrivons de nouveau à l'an 27 ap. J.-C. pour le début du ministère de Jésus. Enfin, si la 15e année de règne de Tibère #Lu 3.1 où Jean-Baptiste commença son ministère, est comptée comme il se doit dès le moment où Tibère fut associé à Auguste dans le gouvernement de l'empire (11 à 12 ap. J.-C.), cette année correspond aussi à l'an 26 ap. J.-C., et à nos autres calculs. Il est vrai que l'on peut avoir des raisons de différer d'opinion sur cert. points de cette argumentation; toutefois, les dates que nous avons avancées sont les plus probantes, les plus concordantes. -La durée du ministère de Christ, et par conséquent l'année de sa mort, se déterminent d'après le nombre de fêtes de Pâque que mentionne l'Evangile de Jean.
Si nous n'avions que les év. synoptiques (v. Evangile), nous pourrions supposer que le ministère de Jésus ne dura qu'un an; c'était une opinion assez courante autrefois. Mais l'év. de Jean parle d'au moins 3 célébrations de la Pâque (2.13; 6.4; 13.1), et il est fort prob. que la fête mentionnée dans Jn. 5.1 était aussi la Pâque. Si c'est le cas, le ministère de Christ a inclus 4 fêtes de Pâque, dont la dernière a coïncidé avec sa mort. Si Jésus a été baptisé au début de 27 ap. J.-C., il eut sa 1re Pâque en avril de cette année-là, et mourut en 30, année où la célébration de la Pâque commença le 7 avril.
Certains exégètes, qui pensent que Jn. 5.1 ne se rapporte pas à une Pâque, placent la mort de Christ en l'année 29. -II. Circonstances politiques des Juifs. Quand Jésus naquit, Hérode le Grand était roi des Juifs. Ce souverain habile, mais cruel, régnait à la fois sur la Samarie, la Galilée et la Judée. Bien que d'origine iduméenne, Hérode professait la religion juive. Antipater, son père, avait été établi gouverneur de Judée par Jules César; Hérode lui-même, après une carrière mouvementée, avait été proclamé roi des Juifs par les Romains, en 40 av. J.-C. Monarque indépendant à maints égards, Hérode ne régnait toutefois que grâce aux Romains; il dépendait d'eux, qui étaient effectivement maîtres du monde alors connu.
En l'an 4 av. J.-C., à la mort d'Hérode, son royaume fut partagé entre ses fils. Archelaüs reçut la Judée et la Samarie; Hérode Antipas eut la Galilée et la Pérée; Hérode Philippe le territoire situé au N.-E. du lac de Galilée. #Lu 3.1 La 10e année de son règne, en 6 ap. J.-C. Archelaüs fut destitué par Auguste. A partir de cette date, des gouverneurs romains, portant le titre de procurateurs, administrèrent la Judée et la Samarie, jusqu'à la destruction de Jérusalem, à l'exception toutefois des années 41-44 durant lesquelles Hérode Agrippa I exerça la souveraineté. #Ac 12.1 Pendant le ministère du Christ, la Galilée et la Pérée, où il passa la majeure partie de son temps, étaient donc soumises à Hérode Antipas #Mt 14.3; Mr 6.14; Lu 3.1, 19; 9.7; 13.31; 23.8-12 tandis que les Romains gouvernaient directement la Samarie et la Judée par leur procurateur qui, à cette époque-là, était Ponce Pilate. Le joug direct ou indirect des Romains irrita les Juifs au plus haut point.
Du vivant du Christ, le pays fut presque sans cesse en état d'effervescence politique. D'un côté, les Romains cherchaient à accorder à la nation autant d'autonomie que possible, de sorte que le sanhédrin (tribunal suprême) exerçait la juridiction dans un très grand nombre de cas. Les conquérants avaient aussi octroyé aux Juifs de nomb. privilèges concernant surtout les pratiques relig. Mais malgré cela, le peuple rongeait son frein sous une domination étrangère qui savait à l'occasion, se faire lourdement sentir; l'occupant, en effet, ne se proposait nullement de redonner aux Juifs la liberté qu'ils avaient eue à une époque antérieure. Néanmoins l'aristocratie juive, comprenant la plupart des sadducéens, n'était pas hostile aux Romains. Les pharisiens, auxquels se rattachaient les adeptes de la piété la plus rigide, voulaient conserver à tout prix le judaïsme, mais éludaient les complications politiques.
Les écrits du temps parlent aussi des hérodiens, qui soutenaient les prétentions de la famille d'Hérode à la couronne. Selon Josèphe, un parti de patriotes se souleva à diverses reprises, mais en vain, pour secouer le joug de Rome. Dans de telles circonstances, tout homme se présentant comme le Messie risquait d'être facilement entraîné dans des conflits politiques. Afin de pouvoir proclamer sur le plan spirituel le véritable Royaume de Dieu, Jésus, nous le verrons, évita, avec soin de se laisser prendre dans un tel engrenage. -III. Condition relig. des Juifs. Il est évident que les circonstances politiques influèrent beaucoup sur cette condition. Les milieux juifs officiels avaient à peu près oublié les promesses spirituelles de l'A.T.; avec le peuple en gén., ils attendaient surtout un royaume terrestre qui leur rendrait leur indépendance et leur grandeur.
Les Evangiles nous présentent 2 partis dirigeants: Les pharisiens et les sadducéens. Les pharisiens étaient religieux et avaient davantage d'influence sur le peuple que les sadducéens; mais ils mettaient leur tradition théologique, les cérémonies, et les subtilités de la casuistique, à la place de la Parole de Dieu. Ils avaient souvent transformé la religion de Moïse et des prophètes en un formalisme étroit, stérile, dépourvu de spiritualité. Les pharisiens, cela va sans dire, s'opposèrent à l'enseignement de Jésus, à sa religion spirituelle contraire aux usages, et surtout ils n'admirent point qu'il en appelât à l'Ecriture en face de la tradition. Les sadducéens, eux, étaient les représentants de l'aristocratie. Les familles des grands prêtres se rattachaient à leur parti. Férus de culture païenne, les sadducéens rejetaient les traditions des pharisiens et s'intéressaient davantage à la politique qu'à la religion. Ils finirent par s'opposer à Jésus, car ils craignaient que sa réussite ne dérangeât le statu quo politique. #Joh 11.48 On continuait alors à faire de somptueuses cérémonies dans le Temple de Jérusalem. De grandes foules fréquentaient fidèlement les fêtes relig. La ferveur de la nation, jalouse de ses privilèges relig. et de ses traditions, n'avait jamais été plus grande. De temps en temps, une explosion de patriotisme, mêlé de fanatisme, ravivait les espoirs du peuple. Toutefois, il y avait encore des Israélites qui avaient gardé l'esprit et la foi d'une religion sans compromis. La plupart, mais pas tous, appartenaient aux classes inférieures de la population.
L'attente d'un Sauveur, d'un Libérateur du péché, avait subsisté parmi eux. Jésus vint de l'un de ces milieux riches en piété. A l'époque de Christ, le peuple juif était donc encore un peuple relig., connaissant l'A.T., qu'on lisait dans les synagogues et que l'on enseignait aux enfants. La nation manifestait de l'intérêt pour la religion, et s'agitait sur le plan politique. Ces faits expliquent l'effervescence populaire suscitée par les prédications de Jean-Baptiste et de Jésus, l'hostilité que tous deux essuyèrent de la part des classes dirigeantes, les succès de la méthode que Jésus employa en prêchant sa Bonne Nouvelle, le sort tragique qu'il avait dès le début prévu comme inévitable, même sur le plan humain.
Partie II: Jésus-Christ (2)
Jésus-Christ (2) -IV. Vie de Jésus -1. Famille, naissance, enfance. Les circonstances de la naissance de Jésus rapportées par les Ev. concordent avec la grandeur du Christ et avec les prophéties messianiques. Ces circonstances s'harmonisent en même temps avec l'humble apparence que le Sauveur devait avoir sur la terre. Malachie (ch. 3.1 et 3.23, 24) ayant prophétisé qu'un héraut, doué de l'esprit et de la puissance d'Elie, précéderait la venue du Seigneur, Luc nous relate d'abord la naissance -IV.
Vie de Jean-Baptiste, précurseur du Christ. Zacharie, sacrificateur sincèrement pieux, privé de descendance et très âgé, était occupé dans le Temple à remplir les devoirs de sa charge. Le sort le désigna (d'après la coutume établie parmi les sacrificateurs) pour offrir sur l'autel, dans le lieu saint, l'encens, symbole des prières d'Israël. L'ange Gabriel apparut à Zacharie et lui annonça qu'il serait le père du Précurseur annoncé. Cette apparition eut prob. lieu en l'an 6 av. J.-C.
Aussitôt après, Zacharie et Elisabeth, sa femme, regagnèrent leur maison, située dans un village de la contrée montagneuse de Juda. #Lu 1.39-40 Ils attendirent l'accomplissement de la promesse. Six mois plus tard, l'ange apparut à Marie, vierge de la famille de David; cette habitante de Nazareth était fiancée à un homme appelé Joseph, qui, incontestablement descendait de David, le grand souverain d'Israël. #Mt 1.1-16; Lu 1.27 V. Généalogie, Marie 2. Joseph, Israélite pieux et d'humble condition en dépit de sa noble ascendance, était charpentier de son état. L'ange annonça à Marie que, par la puissance de l'Esprit Saint, elle deviendrait la mère du Messie #Lu 1.28-38 l'enfant, dont le nom devait être Jésus, hériterait le trône de David, son ancêtre. L'ange dit en même temps à Marie qu'Elisabeth sa parente, était aussi enceinte.
Quand l'ange l'eut quittée, Marie se hâta de se rendre chez Elisabeth. Lorsqu'elles se rencontrèrent, l'Esprit de prophétie les saisit. Elisabeth, saluant Marie, l'appela la mère de son Seigneur; Marie, à l'instar d'Anne autrefois #1Sa 2.1-10 entonna un cantique de louanges, célébrant la libération future d'Israël, et l'honneur qui lui était fait. Au temps où Elisabeth devait enfanter, Marie retourna à Nazareth. Dieu lui-même intervint pour lui épargner toute honte. Joseph, voyant l'état de Marie, voulait rompre secrètement avec elle sans l'accuser publiquement. Mais Dieu l'empêcha d'agir ainsi. Un ange lui révéla en songe pourquoi Marie était enceinte; il lui dit que l'enfant serait le Messie et qu'il devait naître d'une vierge, comme Esaïe l'avait prophétisé. Joseph le crut, car sa foi était aussi profonde que celle de Marie, qu'il n'abandonna point.
L'enfant naquit donc de la vierge Marie, mais légalement il eut en même temps un père humain, dont l'amour et l'honorabilité protégèrent Marie; c'est cert. elle qui fit connaître ces faits plus tard. -Ni Christ ni ses autres apôtres ne recourent à la conception miraculeuse pour prouver que Jésus est le Messie. Ce silence ne permet nullement de contester la véracité du récit. Le fait de la naissance miraculeuse ne pouvait pas être facilement allégué en public. Mais ces récits relatifs à la manière dont le Christ s'est incarné s'accordent admirablement avec ce que nous savons de la grandeur du Messie et de sa mission terrestre.
Le Messie devait être la fleur parfaite de la spiritualité d'Israël, et Jésus naquit dans une famille pieuse, pratiquant dans sa pureté la religion de l'A.T. Le Messie devait se présenter dans l'abaissement: Jésus vint du foyer d'un charpentier de Nazareth. Il fallait que le Messie fût fils de David: or Joseph son père légal descendait de David, de même, croyons-nous, que Marie, sa mère. Le Messie devant être l'incarnation (v. ce mot) de Dieu, unissait en sa personne le divin et l'humain: Jésus est né d'une femme, ayant été conçu miraculeusement par la puissance de l'Esprit-Saint.
-Luc relate la naissance de Jean-Baptiste et cite le cantique prophétique qui jaillit des lèvres longtemps scellées de Zacharie, son père, à propos du Précurseur (1.57-79). Puis il explique pourquoi c'est à Bethléhem que naquit Jésus (2.1-6). -Auguste avait ordonné le recensement de tous les sujets de l'empire, et son décret englobait la Palestine, quoiqu'elle fût sous la juridiction d'Hérode. Mais le dénombrement des Juifs se fit évidemment selon la méthode juive: ce ne fut donc pas au lieu de domicile que l'on enregistra chaque chef de famille, mais dans son lieu d'origine. Joseph dut aller à Bethléhem, berceau de la maison de David, et Marie l'accompagna.
L'hôtellerie (kan) où les étrangers avaient la permission de s'arrêter, était déjà comble lorsque Joseph et Marie y arrivèrent. Ils ne trouvèrent d'abri que dans une étable, qui était pt-être une grotte à proximité de Bethléhem, comme l'affirme la tradition la plus ancienne. Dans les parages de Bethléhem, de telles grottes servaient souvent d'écuries. Le récit ne dit pas que la grotte en question abritât du bétail; pt-être était-elle alors inutilisée. Contrairement à ce que nous pensons, loger occasionnellement dans une étable n'offusquait pas les gens de ce pays; mais le Messie vint au monde en un bien humble endroit. C'est à cela qu'il était destiné, et Marie le coucha dans une crèche. #Lu 2.7 Malgré cet abaissement, sa venue fut solennellement attestée.
Des anges apparurent aux bergers qui passaient la nuit dans les champs, près de Bethléhem. Ils leur révélèrent la naissance du Messie, le lieu où était l'enfant, et entonnèrent l'hymne céleste: "Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée" #Lu 2.14 Les bergers se hâtèrent d'aller à Bethléhem, trouvèrent l'enfant, racontèrent ce qu'ils avaient vu et entendu, puis revinrent à leurs troupeaux.
Tous ces faits concordaient aussi de manière frappante avec la mission du Messie; notons cep. qu'ils survinrent dans un milieu de petits paysans, et passèrent inaperçus dans le monde. Joseph et Marie séjournèrent quelque temps à Bethléhem. Le 8e jour, l'enfant fut circoncis #Lu 2.21 et reçut le nom de Jésus, selon l'ordre reçu. 40 jours après sa naissance, Joseph et Marie portèrent l'enfant au Temple, conformément à la Loi. (Lv. 12) Marie fit ses offrandes de purification et "présenta l'enfant au Seigneur". Cette expr. signif. ceci: tout premier-né israélite devait être racheté au prix de 5 sicles d'argent #Nu 18.15-16 En outre, la mère devait offrir un holocauste en sacrifice d'actions de grâces. Luc fait remarquer que Marie apporta l'offrande des pauvres, "2 tourterelles, ou 2 jeunes pigeons". #Le 12.8 Les circonstances modestes de la famille sont donc à nouveau certifiées.
Mais le Messie, malgré son humilité, ne devait pas quitter le Temple incognito. Siméon, vieillard très pieux, se rendit au sanctuaire et, à la vue de l'enfant, fut saisi par l'Esprit. Dieu lui avait promis qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie. Prenant le nouveau-né dans ses bras, Siméon rendit grâces et prophétisa que sa vie serait glorieuse et tragique. #Lu 2.25-35 Anne, prophétesse âgée qui restait continuellement dans le Temple, témoigna de même que le Christ était venu #Lu 2.36-38 Puis il y eut une attestation plus frappante encore du caractère réel du petit enfant. Peu après l'arrivée de Joseph et de Marie à Bethléhem, des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, demandant où se trouvait le roi des Juifs nouvellement né. Ces hommes avaient sans doute appris des Juifs, dispersés en Orient, qu'ils attendaient un roi, lequel devait apparaître en Judée et délivrer l'humanité. Dieu leur avait donné comme signe une étoile (v. Etoile 2), apparue à l'E., leur annonçant quelque temps à l'avance #Mt 2.2 la naissance de ce libérateur.
La nature divine de l'enfant avait dû leur être aussi révélée, puisqu'ils déclarèrent sans ambages qu'ils venaient "pour l'adorer". Leurs paroles intriguèrent Hérode, qui convoqua les scribes pour leur demander où le Messie devait naître. Apprenant que c'était à Bethléhem, Hérode y envoya les mages, mais leur fit promettre de lui faire savoir s'ils avaient découvert l'enfant.
En chemin, les savants virent de nouveau l'étoile, qui s'arrêta sur Bethléhem. Ayant trouvé Jésus, ils lui offrirent de précieux présents: de l'encens, de l'or et de la myrrhe. On a cru voir dans l'encens l'offrande qui convient à Dieu, dans l'or l'image du tribut dû au Roi, et dans la myrrhe la prophétie des souffrances du Messie #Joh 19.39; Mt 26.12; Lu 24.1 Nous pouvons nous figurer quels sentiments d'effroi et d'admiration Joseph et Marie éprouvèrent à nouveau en recevant ces étranges visiteurs. Leur présence était un signe réitéré de la haute destinée réservée à l'enfant et de l'oeuvre qu'il accomplirait en faveur des nations les plus lointaines.
Après cela, Dieu avertit les mages de ne pas retourner auprès d'Hérode: cet homme pervers voulait se servir de leurs renseignements pour faire mourir le nouveau-né. Ils regagnèrent donc leur pays par un autre chemin. V. Mages. Un ange prévint Joseph et lui dit d'emmener Marie et l'enfant en Egypte, afin de les soustraire à Hérode. Il était temps! Ce monarque cruel, dont Josèphe rapporte qu'il n'hésita pas à mettre à mort ses propres fils, envoya des soldats à Bethléhem pour tuer tous les petits garçons de 2 ans et au-dessous.
Hérode espérait faire aboutir le dessein que les mages avaient déjoué en partant sans lui dire où se trouvait le nouveau-né. Les bourreaux ne tuèrent pt-être pas un grand nombre d'enfants, car Bethléhem était une petite bourgade; mais le massacre fut horriblement cruel. Jésus y avait échappé. Nous ne connaissons pas la durée de son séjour en Egypte; ce ne furent prob. que quelques mois puisque Hérode mourut en l'an 4 av. J.-C. De nomb. Juifs demeuraient dans ce pays, où Joseph trouva facilement asile. Le moment venu, l'ange informa Joseph de la disparition du tyran et lui dit de retourner en Israël. Joseph se proposa d'abord, app., d'élever l'enfant à Bethléhem, la cité de David; mais, par crainte d'Archélaüs fils d'Hérode, il hésita et, sur un nouvel avertissement de Dieu, il regagna avec les siens Nazareth en Galilée. Quand Jésus commença son ministère public, on l'appela donc le "prophète de Nazareth" ou "le Nazaréen".
Tels sont les quelques indices transmis par les Ev. au sujet de la naissance de Jésus. S'ils nous sont précieux, ils ne furent guère remarqués à leur époque. Les quelques personnes que cela concernait oublièrent ces événements ou ne les divulguèrent pas. C'est Marie, sans doute, qui les raconta lors de la fondation de l'Eglise. Matthieu et Luc nous les ont relatés tout à fait indépendamment l'un de l'autre; Matthieu pour démontrer que Jésus est le Roi, le Messie, en qui s'accomplissent les prophéties; Luc, pour exposer quelle est l'origine de Jésus et le début de son histoire. -2. Enfance et jeunesse. Après le retour à Nazareth, il ne nous est rien dit de la vie de Jésus, sauf l'incident de la visite au Temple où, âgé de 12 ans, il accompagna ses parents. #Lu 2.41-51 Cet épisode significatif révèle la piété profonde de Joseph et de Marie, qui s'efforcèrent d'élever pieusement l'enfant; il montre aussi le développement spirituel précoce de Jésus, qui s'intéressait principalement aux problèmes relig. traités par les rabbins juifs dans leurs leçons, au point d'en oublier ses parents pendant 3 jours. Tous étaient frappés de son intelligence, de ses questions et de ses réponses.
Ce fragment de Luc illustre aussi l'aspect humain de la vie de Jésus: "Il croissait en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes" (v. 52). Joseph et Marie ne divulguèrent prob. pas les faits étonnants de sa première enfance. Ni les camarades de Jésus, ni les membres de sa famille ne le considérèrent comme un être surnaturel; mais il dut leur paraître remarquable par sa vigueur intellectuelle et sa pureté morale. -En rapprochant d'autres faits que les Ev. mentionnent incidemment, nous pouvons nous représenter quelque peu les circonstances de l'enfance et de la jeunesse de Jésus. Il faisait partie d'une famille et avait 4 frères et des soeurs #Mr 6.3 * etc. Cert. exégètes ont supposé qu'il s'agissait des enfants d'un 1er mariage de Joseph, d'autres ont prétendu que c'étaient les cousins de Christ. Il nous paraît plus naturel et plus conforme aux données des Ecritures, de croire que c'étaient les enfants de Joseph et Marie, nés après Jésus; v. Frères du Seigneur, Jacques 3. En tout cas, Jésus a grandi dans une famille, dont il connut les joies et la discipline. Devenu charpentier, comme Joseph #Mr 6.3 il était accoutumé au travail manuel; en même temps, une cert. formation intellectuelle ne manquait pas dans son milieu.
Les enfants juifs recevaient un enseignement scripturaire fort poussé. De toute façon les citations que notre Seigneur tire des Ecritures montrent qu'il les connaissait parfaitement (cf. Jn. 7.15). Ses paraboles le montrent sensible à ce qu'enseigne la nature, et toujours à nouveau ravi de voir la pensée de Dieu révélée dans ses oeuvres. Nazareth se trouvait à la lisière de la partie la plus active du monde juif, non loin des lieux où s'étaient déroulés quelques-uns des événements les plus fameux en Israël. Du haut de la falaise proche de la ville, on apercevait plusieurs de ces endroits historiques. Non loin de Nazareth, s'étendait le lac de Galilée, autour duquel se concentraient en miniature les divers aspects de la vie. C'était comme nous l'avons vu, une période de grande effervescence politique. La rumeur d'événements sensationnels pénétrait souvent dans les foyers juifs.
Il n'y a aucune raison de supposer que Jésus ait grandi dans l'isolement; il fut plutôt, croyons-nous, fort sensible à l'évolution des événements palestiniens. Jésus parlait l'aram., langue qui avait remplacé l'hébr. ancien chez les Juifs de l'époque tardive; mais il dut entendre souvent le gr., qu'il comprenait pt-être. Les évangélistes passent sous silence toute cette période de sa vie, leurs écrits ne se proposant pas de donner des biographies de Jésus, mais de relater son ministère public. Ce que nous savons nous permet de nous représenter notre Seigneur sous son aspect humain, et nous montre le milieu où il se prépara à sa future activité. Les quelques traits des évangélistes révèlent la beauté de son caractère et le développement graduel de sa nature humaine, tendue vers l'heure où il se présenterait à son peuple comme le Messie envoyé de Dieu.
Planète Terre
Nous t'aimons